LE PALANQUIN DES LARMES DE CHOW CHING LIE


 HellO mes BoOkaddict

J'espère que vous allez bien, aujourd'hui place à une nouvelle chronique. Je vais vous parler d'un livre qu'une libraire m'avait conseillé d'acheter cet été toutefois je n'avais encore pas pris le temps de le lire à cause de mon travail, mon déménagement mais aussi parce qu'il ne s'agit pas au premier abord d'un livre que j'ai l'habitude de lire. Vous allez très vite savoir pourquoi.^^


Le Palanquin des larmes, paru en 1975, est un récit autobiographique de la vie de Chow Ching Lie, pianiste, écrivain et femme d'affaires née à Shanghai en 1936. C'est une des meilleures ventes mondiales à l'époque de sa parution.

Ce récit passionné, recueilli par Georges Walter, est avant tout celui de Chow Ching Lie. Celui de la femme chinoise et de son asservissement séculaire. Elle aime et souffre au rythme des convulsions qui ont animé son pays au milieu du xxe siècle : la guerre sino-japonaise (1937-1945) - qui naît avec elle -, la guerre civile chinoise, la Libération, les Cent Fleurs, le Grand Bond en avant.
De cette Chine, mal connue du grand public, Chow Ching Lie nous livre les traditions millénaires. D'abord à travers sa mère, Tsong Haï, issue d'une famille de paysans démunis et dont la hantise est de manquer d'argent. Elle « vendra » sa fille à la riche famille Liu. À travers Ching Son, son frère, de six ans son aîné, le « révolutionnaire clandestin » politiquement engagé à la cause de Mao Tse Toung. Enfin à travers sa sœur, Ching Ling, la rebelle.
  

Vous l'aurez compris il ne s'agit pas non seulement d'une autobiographie " classique", Chow Ching lie nous parle de manière sincère et authentique de son histoire, celle de sa famille, de son pays. L'histoire commence avec celle de ses parents, de ses frères et soeurs ainés et d'elle- même, jeune fille chinoise qui fut forcée d'épouser un homme à l'âge de 13 ans. Elle nous fait le récit poignant de sa vie qui n'a pas toujours été facile, mais malgré les épreuves, l'amour ne manquait pas dans sa famille. Puis tout à coup son destin changea lorsque ses parents vendèrent Chow Ching Lie à son futur mari. Là encore sa vie ne sera pas facile au sein de sa nouvelle famille mais aussi à causse du niveau climat en Chine, en effet celle-ci est marqué par la misère, les révolutions et les différentes guerres qui ont marqué son histoire. Chow Ching Lie nous raconte tout à travers ses yeux de jeune fille parfois très naïve mais tout autant authentique et poignante.

Ce livre a connu un tel succès qu'il a été traduit dans plusieurs langues ( une vingtaine si je ne me trompe pas), il y eut une adaptation cinématographique ( dont vous pouvez voir l'affiche ci-dessus) et pour finir Chow Ching Lie a écrit d'autres livres qui racontent la suite de sa vie personnelle et professionnelle. avec toujours autant de naturel et d'émotion.


POURQUOI PALANQUIN DES LARMES?

Dans les temps jadis, quand la fiancée montait dans le palanquin fleuri qui l'emporte vers son mariage, sa mère et elle versaient des larmes au moment où elle quittait sa famille pour une famille nouvelle. On appelle ce véhicule « le palanquin de joie ». Pour Chow Ching Lie, fiancée de force à l'âge de treize ans avec un homme qu'elle n'aime pas, mariée l'année suivante et mère à quatorze ans, ce sera « le palanquin des larmes ».
L'utilisation de palanquins est mentionnée dans des textes aussi anciens que le Ramayana, qui date de 250av. J.-C. Le mot palanquin vient du tamoul pallakku et du telugu Pallaki , qui désigne une couche où dormir. En extrême Orient et dans les sociétés traditionnelles, le palanquin des larmes est une chaise à porteurs.


QUI EST CHOW CHING LIE?



Chow Ching Lie (周勤丽) : écrivain, pianiste et femme d'affaires chinoise née en 1936 à Shanghai, en Chine. Ses amis l'appellent Julie, transformation de son prénom Ching Lie que lui a donné son professeur d'anglais à l'école sino-occidentale Mac Intyre.

                 26 Août 1936. Naissance d'une femme au destin cruel, déjà prédit par les traditions. Un an avant le conflit Sino-Japonais est née Chow Ching Lie, Chinoise perdue entre la Chine Impériale et la Chine Moderne. L'enfance de notre héroïne n'en vaut aucune autre : choyée par son père, surprotégée par sa mère, détestée par ses grands parents, fiancée et mariée à treize ans seulement à la fin  de l'année 1949, juste avant la promulgation de la loi interdisant les mariages arrangés. 
Ching Lie nous raconte avec émotion son histoire, rythmée à celle de son pays.



Sur les conseils de son amie Morya Ray, première violoniste de l’orchestre symphonique de Hong Kong, elle tente sa chance en France. Artiste et virtuose, elle voit alors s'ouvrir à elle une carrière internationale.
En 1968, elle retourne chercher ses enfants chez ses beaux-parents à Hong Kong pour les amener à Paris.
Elle décide de se mettre au piano à titre professionnel à l'âge de 40 ans. En 1973 elle interprète au Théâtre des Champs Élysées le Concerto pour Piano et Orchestre dit du Fleuve Jaune 黄河钢琴协奏曲, œuvre adaptée de la Cantate du Fleuve Jaune 黄河大合唱 du compositeur chinois Xian Xinghai 冼星海. On ne pouvait manquer de remarquer la présence de Son Excellence Tseng Tao, ambassadeur de Chine Populaire en France, entouré de compatriotes pour écouter l"enfant du pays. À côté de cette activité de concertiste, elle enseigne et forme de futurs pianistes.
Elle réside en France depuis 40 ans.
On peut dire de cette femme humble et persévérante qu'elle a vécu un enfer : « Dès qu'elle sait parler, on l'oriente [la femme chinoise] vers une destinée de soumission en lui apprenant à dire « oui» sur le ton humble qui sied aux femmes. Marcel Granet. ». C'est précisément cette destinée que Mao Zedong veut renverser. Il répond: « Les femmes portent sur les épaules la moitié du ciel et elles doivent la conquérir. ».



Œuvres littéraires



  • Le Palanquin des larmes (un récit autobiographie recueilli par Georges Walter, 1975)
Mariée de force lors de l'avènement de la Chine nouvelle, la jeune écolière Chow Ching Lie, choisie pour sa beauté exceptionnelle par la plus riche famille de Shanghai, monte à treize ans sur le palanquin fleuri qui la conduira dans sa belle-famille: pour elle, ce sera le palanquin des larmes.
Ecrasée sous la tutelle d'une belle-mère tyrannique, Chow Ching Lie arrivera quand même à devenir une pianiste internationale.
En même temps que son drame personnel elle nous fait vivre à travers ses yeux d'enfant, ses larmes de jeune mariée et ses joies de mère, les bouleversements d'une Chine ancestrale face à la révolution de Mao Tsé Toung.

  • Concerto du fleuve Jaune (1979)
En décembre 1973, au thêatre des Champs -Elysées, le concerto du fleuve jaune de Shi Shin Haï était joué pour la première fois en Europe avec, en soliste, une jeune chinoise au talent éclatant, Chow Ching Lie, premier prix de piano de l'acadélie Marguerite Long.

Chow Ching Lie a été révélée au grand public par son premier livre " le palanquin des larmes" publié en 1975. L'auteur racontait son enfance et ses années de première jeunesse à Shanghai, dans une Chine encore médiévale: à treize ans elle a été vendue par ses parents et mariée à grandes pompes à un des hommes le plus riche de sa province, qui devait la laisser veuve dans la tourmente - toute la famille s'étant réfugiée à Hong Kong. comment élévera-t-elle, seule, ses deux enfants qu'elle adore?...

Aujourd'hui, avec ce nouveau livre, Chow Ching Lie reprend le fil de soin récit. A vingt huit ans, elle débarque à Paris sans y connaitre personne et sans savoir un mot de français. En moins de quinze ans, elle y fera fortune. C'est le triomphe du courage et du talent.

A travers ses confidences, qui contituent un autoportrait haut en couleur où le pittoresque et le pathétique se rencontre à chaque instant, c'est la Chine millénaire, avec ses légendes et sa sagesse, et la Chine d'aujourd'hui, dix fois bredécouverte avec attention et amour, qu'elle nous fait connaitre. Le regard qu'elle porte sur sa patrie en mutation est honnête et sans prévention. Car Chow Ching Lie n'est pas une historienne et ne fait pas de politique: c'est le témoin privilégié, toujours sincère, parfois naïf, qui parle de ce qu'elle a& vu. C'est aussi une femme, une mère, une artiste, chez qui l'intelligence et le talent n'étouffent jamais la sensibilité.

La suite du Palanquin des larmes
  • Dans la main de Bouddha (2001)
L'auteur mondialement connu du Palanquin des larmes poursuit son récit là où elle l'avait interrompu. Exilée à Paris à la mort de son mari,
mi-femme d'affaires, mi-pianiste, mère de deux enfants puis grand-mère,
Chow Ching Lie (ou Julie) mêle à son amour pour la Chine et pour les siens la sagesse bouddhiste. Tour à tour, son récit démêle les anneaux de l'Histoire, fulmine sous l'horreur des sévices et des persécutions infligés à son peuple, et nous enserre dans l'intimité d'une vie familiale précieuse. Tout oreilles et coeur battant pour les autres, libre et entreprenante, Chow Ching Lie est tantôt exécrée en Chine, traitée en «traître capitaliste et ennemie du peuple», tantôt honorée pour ses talents de pianiste. Mais, en France ou ailleurs, elle n'oublie jamais que c'est dans la main de Bouddha qu'elle est née.
  • Il n'y a pas d'impasse sous le ciel (2004) 
« Dans ce livre, j'ai voulu offrir à tous les secrets de ma vie. Chaque passage de mon existence est illustré par la maxime bouddhiste qui m'a permis de rebondir et de transformer une situation difficile en un événement positif. Les lecteurs pourront ainsi puiser mille et un conseils qui les aideront en toutes situations. » (Chow Ching Lie).




J'ai beaucoup aimé lire ce roman et découvrir la Chine d'autrefois à travers un réel témoignage poignant et authentique. Chow Ching Lie a vécu beaucoup de désastre durant sa vie pourtant elle a su relever la tête et aller de l'avant pour au final s'en sortir, elle a fait preuve d'une vraie force de courage malgré son jeune âge. Elle a fait preuve d'une grande maturité. 
Je mettrai néanmoins un bémol à cette autobiographie: cela a été très dur pour moi à certains moment. Je m'explique: lorsque l'auteur parle de la politique de son pays c'est parfois très voir trop long, c'est très détaillé et clair mais c'est parfois un peu long et j'avoue avoir lu un autre livre en entier ( pendant un jour) avant de finir les deux derniers chapitres de celui-ci afin de ne pas faire une overdose. C'est pour cela que je mettrai une note de 3/5 à ce roman mais je vous le recommande fortement si vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la Chine d'avant et pour connaître le destin très injuste qu'a connu plusieurs chinoises de cette époque.

 

CITATIONS DU LIVRE:
"Dans la tradition chinoise, la femme était tenue à trois obéissances principales : envers son père, envers son mari, envers son fils quand celui-ci avait l'âge d'homme - et quatre morales : ne pas faire de dépenses inconsidérées, être travailleuse, ne pas chercher à séduire, être toujours prête à se sacrifier pour les autres."

"Cet objet noir et brillant, c'était tout simplement un piano à queue. Je me souviens comme je tordis le cou pour mieux voir et comme j'ouvris les yeux. Une gracieuse jeune fille parut sur la scène, salua le public en s'inclinant, et commença à jouer. Ses mains volaient sur le clavier comme des oiseaux enchantés. C'était la mélodie d'un autre monde, meilleur et plus beau que celui-ci, tantôt un ruissellement de perles, tantôt des chevaux galopants; c'était comme les vagues de la mer ou comme la pluie du ciel. Mon coeur battait à tout rompre, mon front se couvrit de sueur, réactions qui peuvent sembler excessives: ce furent les miennes pourtant. Mon être s'éveilla, je me sentis plongée dans la vérité de la vie, et je compris, ce jour-là que la musique nous mettait en contact avec notre âme."

""Palanquin de joie", disait-on chez nous. Pour moi, palanquin des larmes."

"Je suis née dans la Chine de la misère et des larmes. Petite fille, j'ai souffert et pleuré de bonne heure. J'étais jolie : ce n'est pas un mérite, ce fut une malédiction. Laide et difforme, je n'aurais sans doute pas été mariée de force à l'âge de treize ans. Mais mon malheur ne vint pas de ma seule beauté : il était à l'image d'un vaste pays, où il ne faisait pas bon vivre, où il n'était surtout pas bon de naître si l'on avait l'infortune d'être une fille."

"C'est pourquoi, à cause de la cupidité d'une partie de ma famille, j'ai été vendue, moi aussi, sous des apparences certes plus honorables, celles du mariage, et même avec un déploiement de faste comme on en vit peu dans mon pays. Comédie de grande alliance familiale qui augmenta, par sa dérision, ma tragédie personnelle : j'étais une écolière connaissant la légende de Liang et Tso qui meurent pour leur amour comme Roméo et Juliette et je me voyais condamnée à vivre sans amour. D'autres, par millions, ont connu la faim du corps alors que je n'ai manqué de rien, mais les malheurs de la Chine sont les enfants d'une même famille."


CONCERTO DE CHOW CHING LIE: